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Activation musculaire : Squat vs. Sled

par P. Debraux | 3 Mars 2015

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Depuis quelques années, l'émergence de nouveaux outils d'entraînement (luge ou sled, kettlebell, corde ondulatoire, etc.) et de nouvelles méthodes a permis de s'écarter des méthodes traditionnelles de préparation physique et d'entraînement.La sled est un chariot sans roue sur lequel il est possible de placer des disques de fonte et d'attacher un harnais afin de la tracter ou de la pousser. Dernièrement, plusieurs études ont utilisé ce chariot dans des protocoles de sprints avec résistance pour évaluer les gains en vitesse. Toutefois, et bien qu'en pratique ce soit souvent le cas, aucune étude n'a examiné l'action de pousser la luge chargée.

Des exercices plus traditionnels comme le squat (lire notre dossier complet sur le squat) ont fait l'objet de nombreuses recherches. Celles-ci ont d'ailleurs montré de multiples bénéfices d'un gain en force en squat sur la performance sportive. En effet, des liens ont été démontrés entre le squat et des mouvements comme les sauts ou les sprints. Néanmoins, l'action verticale de ce mouvement polyarticulaire ne correspond pas parfaitement aux mouvements de départ ou de course qui nécessitent des appuis différents et qui se déroulent selon un axe horizontal avec une inclinaison du corps différente en fonction des actions sportives réalisées. En comparaison, la poussée de sled pourrait être tout aussi bénéfique du fait de la position du corps lors de l'exercice. Mais qu'en est-il vraiment des différences entre le squat et la sled en ce qui concerne les sollicitations musculaires ?

L'étude réalisée

Pour étudier cela, une équipe de chercheurs canadiens a comparé l'activité électromyographique des muscles du tronc et des membres inférieurs lors d'un squat et lors d'une poussée de luge. Pour cela, 10 pratiquants de musculation ont réalisé, lors de deux différentes séances, une série de 10 demi-squats avec une charge correspondante à 10RM et une série de 20 pas en poussant une sled avec une charge correspondante à 20 pas maximum. Les charges à utiliser étaient déterminées lors de deux séances précédentes par essai / erreur. Ainsi, chaque participant réalisait 10 répétitions par membre inférieur.

Durant les deux exercices, une analyse électromyographique (EMG) a été réalisée sur certains muscles du tronc et des membres inférieurs : les muscles droit fémoral, biceps fémoral, gastrocnémien, transverse/oblique interne et érecteurs du rachis ont ainsi été analysés.

Résultats & Analyses

Les principaux résultats de cette étude montrent qu'au niveau de la sollicitation musculaire, les seules différences significatives existantes se situent au niveau des érecteurs du rachis et des gastrocnémiens. Le squat sollicite de manière supérieure les érecteurs du rachis, tandis que la sled sollicite beaucoup plus les gastrocnémiens. Aucune autre différence significative n'a été observée au niveau des autres muscles testés.

Du fait de l'instabilité de la charge en squat, les érecteurs du rachis sont beaucoup plus sollicités pour maintenir l'équilibre. Alors qu'en poussant le chariot chargé, la charge est stable et l'action musculaire de l'athlète est uniquement orientée à déplacer la charge et non à s'équilibrer. Pour les gastrocnémiens, ceux-ci sont impliqués activement dans la flexion plantaire lors de la poussée du chariot. Tandis qu'en squat, les gastrocnémiens sont impliqués principalement dans le contrôle de la posture.

Applications pratiques

Cette étude montre que l'action de pousser un chariot chargé permet une sollicitation musculaire similaire au niveau des quadriceps, des ischio-jambiers et des transverses / obliques internes à celle observée en demi-squat. La seule différence entre les deux exercices au niveau EMG se situe au niveau des érecteurs du rachis qui sont plus activés lors du demi-squat et des gastrocnémiens qui sont plus recrutés lors de la poussée de la sled. Il est également important de noter que l'exercice de poussée de chariot ne nécessite que des actions concentriques. Ce qui pourrait engendrer une fatigue neuro-musculaire moindre et permettre une récupération plus rapide.

Il reste désormais à étudier l'impact d'un entraînement avec sled sur les qualités physiques (i.e., force, vitesse, puissance, explosivité) et la performance sportive (e.g., temps de réaction, accélération, vitesse, etc.), en comparaison à celui avec un squat, en fonction de la charge déplacée et de la vitesse d'exécution. Il serait aussi intéressant d'incorporer la mesure de l'activité EMG du grand fessier, qui est le plus puissant extenseur de la hanche. Enfin, ce type de pratique devrait également faire l'objet d'étude sur son impact métabolique.

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Références

  1. Maddigan ME, Button DC and Behm DG. Lower-limb and trunk muscle activation with back squats and weighted sled apparatus. J Strength Cond Res 28 (12) : 3346-3353, 2014.

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