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Figure 1. 1/2 Squat, l'angle cuisse-jambe est égal à environ 90 degrés.
En football, les joueurs professionnels couvrent entre 8 et 12 kilomètres par match, en fonction de leur rôle. Bien que l'activité dépende majoritairement de la capacité aérobie des joueurs, des sprints courts (i.e., 1-4 secondes) sont réalisés pratiquement chaque 90 secondes. Les actions de sprint englobent environ 1 à 11% de la distance totale parcourue lors d'un match.
S'ajoutent aux sprints, des actions brèves et intenses tels que les changements brusques de trajectoire, les contrôles de ballon face à l'adversaire, les sauts, etc. Ces actions sont principalement dépendantes des qualités physiques de force et de puissance des joueurs. Diverses études ont montré précédemment que la force maximale musculaire était liée à l'accélération et la vitesse.
Pour vérifier cela, en 2004, une équipe internationale de chercheurs a voulu déterminer plus précisément la relation entre la force maximale des membres inférieurs et les capacités de sprints et de sauts chez des footballeurs professionnels.
Dix-sept footballeurs professionnels du Rosenborg FC (Trondheim, Norvège) ont participé à cette étude. Celle-ci s'est répartie sur deux journées séparées de 3 jours de repos. Le protocole était le suivant :
Chaque joueur s'est échauffé environ 20 minutes à 50-60% de son VO2MAX (i.e., consommation maximale d'oxygène) avant de réaliser 3 sauts verticaux avec contremouvement préparatoire (i.e., CMJ). Chaque saut était séparée d'une minute de repos, et la meilleure performance était conservée pour les analyses. La hauteur de saut était déterminée à l'aide d'une plateforme de force. Nous reviendrons plus en détails sur le principe de fonctionnement de ce système dans un chapitre consacré aux méthodes d'analyses du mouvement dans le cours de biomécanique du sport et de l'exercice.
Immédiatement après les sauts verticaux, le 1RM en 1/2 Squat était déterminé pour chaque joueur (Fig. 1). Trois à six essais ont été nécessaires pour l'obtenir. Environ 20 minutes après sa détermination, le VO2MAX et la fréquence cardiaque maximale étaient mesurés.
Lors de la seconde journée, après un échauffement de 30 minutes, les joueurs ont réalisés, en intérieur, 2 sprints de 30 m et 2 tests "navette" de 10 m (Fig. 2). Pour enregistrer le temps, des cellules photoélectriques étaient placées tous les 10 mètres. Les joueurs partaient quand ils voulaient, le passage devant la première cellule déclenchait le chronomètrage. Les tests "navette" consistaient à partir jusqu'au plot situé à 10 m de la ligne de départ et de revenir le plus rapidement possible à la position initiale.
Figure 2. Mise en place des cellules photoélectriques à 10, 20 et 30 m pour les sprints et le test navette.
À partir des résultats obtenus, une matrice de corrélation Bravais-Pearson a été réalisée pour étudier les relations entre les performances chronométriques, la force maximale des membres inférieurs et la hauteur de saut.
Les principales corrélations significatives observées sont les suivantes :
Selon les auteurs, 96% des sprints durant un match sont inférieurs à 30 m, et parmi eux, 49% sont inférieurs à 10 m. Les résultats de cette étude montrent la forte relation entre la force maximale des membres inférieurs et la performance lors de sprints courts. La corrélation est très forte sur les distances où l'accélération est très importante (i.e., 10 m).
Cette étude montre que le travail en force maximale et en force explosive à l'entraînement semble être un bon outil pour améliorer les capacités des joueurs sur certaines actions de jeu. De plus, avec un VO2MAX mesuré de 65.7 ml·kg-1·min-1, ces résultats montrent qu'il est possible de le combiner à un niveau de force maximale élevé.
Il est important de garder à l'esprit qu'une corrélation ne représente que le lien entre deux phénomènes. Une force maximale élevée en squat n'impliquera pas forcément un temps de course élevé. Cependant, les groupes musculaires en jeu et le type d'effort étant les mêmes, cela pourrait aider les footballeurs à être plus performants. Enfin, dans cette étude, les auteurs ont testé uniquement la force maximale des membres inférieurs. Il serait intéressant dans ce type de test de déterminer également la puissance mécanique produite et le taux de développement de force (i.e., la force explosive) afin de comparer ces paramètres cinétiques aux temps à 10, 20 et 30 mètres. Ainsi, les préparateurs physiques pourraient prescrire aux joueurs un programme d'entraînement spécifique aux qualités requises.
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