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Impact de la course à pied sur le risque de mortalité

par A. Manolova | 12 Novembre 2019

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Comme nous l'expliquions dans notre précédent article, l'Organisation Mondiale de la Santé (OMS) recommande pour tous les adultes un niveau d’activité physique minimal hebdomadaire pour des bénéfices sur la santé. Ainsi, il est recommandé de passer au moins 150 minutes par semaine à pratiquer des activités modérées (entre 3 et 6 METs, soit 7.5-15 METs-h/sem) ou au moins 75 minutes par semaine à pratiquer des activités intenses (supérieures à 6 METs, soit >15 METs-h/sem). Cela signifie que pour suivre ces recommandations de santé, vous pouvez réaliser par exemple 5 séances de 30 minutes de course à pied (6.5 km/h correspond à 6 METs) par semaine ou 3 séances de 25 minutes de course à pied à 10 km/h (10 METs). Une personne est considérée physiquement inactive lorsqu'elle ne remplit pas ses critères. Certains chercheurs considèrent que 5 millions de morts prématurées annuelles pourraient être évitées si les personnes adhéraient aux recommandations officielles.

L'activité physique englobe toutes les activités nécessitant une dépense supérieure à 1.5 METs, et les activités sportives sont une sous-catégorie, plus spécifique et organisée. Parmi celles-ci, la course à pied est l'une des plus pratiquées dans le monde. Pour cause, elle est facilement accessible à une vaste partie de la population puisqu'elle ne nécessite qu'une paire de chaussures de course et elle est également facilement adaptable au niveau de chacun, certaines personnes pouvant d'ailleurs commencer tout simplement par de la marche rapide puis augmenter l'intensité au fur et à mesure jusqu'à passer à la course à pied. De nombreuses études et méta-analyses se sont intéressées à l'impact de l'activité physique sur la santé, mais peu encore se sont interrogées spécifiquement sur une activité sportive particulière et son impact sur la santé. Est-ce que la course à pied est associée avec une diminution de la mortalité ? Si oui, existe-t-il une dose optimale ?

L'étude réalisée

Pour répondre à cette question, une équipe internationale de chercheurs a réalisé une étude sur l'impact de la course à pied sur la mortalité. Pour cela, les chercheurs ont procédé à une méta-analyse regroupant 14 études et impliquant 232 149 participants suivis sur une période de 5.5 à 35 années, durant laquelle 25 951 personnes sont mortes. Toutes ces études ont été sélectionnées car elles étudiaient individuellement le lien entre la pratique de la course à pied et le risque de mortalité de toute cause (6 études), cardiovasculaire (3 études) ou d'un cancer (5 études). Les participants rapportaient eux-mêmes leur pratique en course à pied (fréquence, vitesse, volume). Environ 10% des participants pratiquaient la course à pied. En plus de ces données, les chercheurs ont également analysé s'il existait une relation dose-réponse, c'est-à-dire, de comprendre si une dose plus grande de course à pied apporte plus de bénéfices par rapport à la mortalité.

Résultats & Analyses

Les principaux résultats de cette méta-analyse montrent que la pratique de la course à pied diminue le risque de mortalité en comparaison à celles qui ne courent pas de 27% pour la mortalité due à toute cause, de 30% pour la mortalité due aux maladies cardiovasculaires et de 23% pour la mortalité due aux cancers. De plus, aucune tendance significative de dose-réponse n'a été démontrée, les bénéfices sur la mortalité n'augmenteraient pas avec de plus grosses doses de course à pied. Même la plus petite dose de course à pied observée dans les différentes études disponibles (une fois par semaine ou moins, moins de 50 minutes par semaines, moins de 10 km/h et moins de 8 METs-h/sem) a permis d'apporter des bénéfices sur toutes les causes de mortalité.

La diminution du risque de mortalité peut s'expliquer par l'amélioration d'indices physiologiques provoquée par la course à pied. En effet, une autre méta-analyse de 2015 montre qu'une pratique régulière de course à pied (3-4 fois par semaine, 2-3 heures par semaine, à 60-90% de la fréquence cardiaque maximale pendant 1 an) permet de diminuer la masse grasse corporelle, de diminuer la fréquence cardiaque au repos et le niveau de triglycérides et d'augmenter le VO2MAX et le taux de lipoprotéines à haute densité (HDL).

Applications pratiques

Pratiquer la course à pied est associé à un plus faible risque de mortalité. Peu importe le volume de course à pied, courir est préférable à ne pas courir. Alors que courir beaucoup ne semble pas nécessairement associé à une diminution plus importante du risque de mortalité. Toutefois, ces résultats sont à mettre au conditionnel car le faible nombre de personnes courant beaucoup fragilise les analyses statistiques et ce point est donc à vérifier dans de futures études plus complètes où un plus grand nombre de participants avec un volume d'entraînement plus conséquent prendrait part.

Une autre méta-analyse de 2015 a conclu qu'une dose élevée d'entraînement n'apporterait pas de bénéfices supplémentaires, et même pourrait entraîner une augmentation du risque de mortalité au même titre que pas ou peu d'entraînement. Cependant, le problème reste toujours le même, ces études ont souvent peu de participants avec une pratique sportive intense et peu de morts sont enregistrées dans ces groupes lors de la période d'observation, il est donc statistiquement difficile de tirer des conclusions sérieuses. Le VO2MAX est un des facteurs avérés de la longévité, et courir plus augmente généralement sa valeur. Toutefois, le VO2MAX est un attribut physiologique lié à de nombreux autres facteurs, comme le génotype. Les résultats des méta-analyses n'observant pas de bénéfices à plus forte dose reflètent peut-être ce point.

Il n'en reste pas moins que ces résultats soutiennent les recommandations officielles, et qu'il en faut peu pour améliorer sa santé. Si le temps semble vous manquer, sachez qu'une seule séance par semaine le week-end est un bon début, peu importe le temps ou l'intensité. Et à partir du moment, où vous vous reprenez en main, les bénéfices sur votre santé sont immédiats.

Références

  1. Pedisic Z, Shrestha N, Kovalchik S, Stamatakis E, Liangruenrom N, Grgic J, Titze S, Biddle SJH, Bauman AE and Oja P. Is running associated with a lower-risk of all-cause, cardiovascular and cancer mortality, and is the more the better ? A systematic review and meta-analysis. Br J Sports Med Article in Press, 2019.

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