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Relation entre des variables musculaires et la vitesse de la tête du club de golf

par A. Manolova | 6 Décembre 2011

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Figure 1. Illustration du swing.

Le golf est un sport où les aspects techniques, tactiques et psychologiques sont inhérents à une bonne performance. Tout naturellement, les golfeurs ont toujours privilégié le travail technique plutôt que les aspects purement physique et musculaire. L'évolution rapide des matériaux utilisés pour concevoir les clubs et les balles ont participé également à accentuer ce travail de maîtrise du geste et de l'équipement.

Néanmoins, depuis un peu plus d'une dizaine d'années, diverses équipes de chercheurs se sont intéressées à la préparation physique en golf pour tenter de comprendre et de déterminer l'impact du travail musculaire lors du swing (Fig. 1) sur la performance sur le green (i.e., le terrain de golf).

Ces recherches ont permis de mettre en évidence l'importance de la vitesse de la tête du club de golf (CHS, pour Club Head Speed) au moment de l'impact avec la balle. CHS est fortement corrélée avec le handicap du golfeur, plus le golfeur sera bon et plus CHS sera élevée. Et donc, la distance à laquelle la balle sera envoyée dépend en partie de CHS. Or, plusieurs études ont montré que la force et la puissance musculaires du haut du corps pouvaient avoir un effet bénéfique sur CHS. Cependant l'identification des exercices et des modes d'entraînement qui seraient les mieux adaptés à la performance en golf restent à faire.

L'étude réalisée

En 2009, une équipe de chercheurs américains de l'université de Pennsylvanie s'est intéressée à la relation entre la souplesse du tronc, la puissance musculaire, la force musculaire et CHS lors du swing. Pour cela, 15 golfeurs (dont 14 droitiers et 1 gaucher) avec un handicap inférieur ou égal à 8 ont participé à cette étude.

Après un échauffement standardisé, chaque golfeur a réalisé différents tests :

Vitesse de la tête du club de golf à l'impact (i.e., CHS en m·s-1) : Un radar mesurait CHS et était placé à 1m derrière la balle (Fig. 2). Tous les golfeurs ont utilisé le même type de club (Fer n°5) et chaque golfeur éxécutait 5 essais. Pour qu'il y ait peu de changements dans la technique de chacun, les golfeurs ne connaissaient pas la vitesse de chaque essai.

Figure 2. Mise en place du radar pour mesurer la vitesse de la tête du club de golf au moment de l'impact.

Souplesse du tronc : Elle a été évaluée sur un appareil de musculation conçu pour les rotations horizontales du buste. Aucune résistance n'était nécessaire. Les golfeurs étaient assis sur la machine. L'objectif était de tourner le buste le plus loin possible.

Puissance de rotation du corps : À l'aide d'une medicine ball de 3 kg, les golfeurs devaient imiter le geste du swing avec pour finalité de lancer la medicine ball le plus loin possible.

Force musculaire de la poitrine : Pour évaluer ce paramètre, les chercheurs américains ont testé le 8RM des golfeurs sur une machine "Pec Deck". Ce type de machine permet d'isoler le travail des pectoraux.

À partir de ces données, des corrélation de Bravais-Pearson ont été réalisées pour déterminer statistiquement la nature des relations entre la force musculaire de la poitrine, la puissance de rotation du tronc, la souplesse du tronc et CHS.

Résultats & Analyses

Les résultats des tests statistiques montrent qu'il existe une corrélation significative entre CHS et le lancé de medicine ball (r = 0.54) et entre CHS et la force musculaire de la poitrine (r = 0.69). Aucune corrélation significative n'a été trouvé entre CHS et la souplesse du tronc.

Ces relations entre la force musculaire des pectoraux, la puissance de rotation du corps et CHS semblent montrer qu'un travail de préparation physique axé sur ces composantes pourraient améliorer la vitesse du swing et donc la distance parcourue par la balle. Évidemment, de telles hypothèses restent à démontrer sur une étude longitudinale. De plus, il reste à déterminer si l'exercice utilisé dans cette étude pour évaluer la force de la poitrine est le mieux adapté pour représenter la force développer lors du swing en golf (malgré le fait qu'il présente la meilleure corrélation statistique).

Les auteurs précisent que plusieurs études ont montré qu'un travail musculaire complet du corps permettait une amélioration de la CHS. Alors, il serait peut-être intéressant d'intégrer au programme d'entraînement les deux exercices utilisés dans cette étude.

Applications pratiques

Les recherches sur la préparation physique en golf ont le mérite de mettre en lumière l'intérêt d'un travail musculaire spécifique pour permettre l'amélioration de la performance du swing. Les deux exercices proposés dans cette étude sont simples au niveau de l'apprentissage et faciles à mettre en place dans n'importe quelle routine d'entraînement.

Références

  1. Gordon BS, Moir GL, Davis SE, Witmer CA and Cummings DM. An investigation into the relationship of flexibility, power, and strength to club head speed in male golfers. J Strength Cond Res 23 (5) : 1606-1610, 2009.

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