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Informations sur les Sciences de l'Entraînement Sportif

Grégoire Millet, Professeur des Universités

par Sci-Sport.com | 28 Août 2012

Grégoire Millet, recherche, université, universitaire, hypoxie, altitude, endurance, ultra-endurance, sprints, répétition, sport, collectif, performance, compétition, évaluation, optimisation, test

Bonjour Professeur Millet, merci d'avoir accepté de répondre à nos questions. Pouvez-vous vous présenter ?

G. Millet - Je m’appelle Gregoire Millet, je suis Professeur des Universités à l' Institut des Sciences du Sport de l'Université de Lausanne en Suisse. Et je suis co-auteur de deux livres consacrés à l'entraînement sportif : "La préparation physique : Optimisation et limites de la performance sportive" paru aux éditions Masson, et "S'entrainer en Altitude" paru aux éditions De Boeck.

Quel a été votre parcours universitaire ?

G. Millet - Initialement, j’ai une formation d’entraîneur car j’ai été entraîneur national en triathlon pour l’équipe de France puis pour l’équipe de Grande-Bretagne dont j’ai été le Team manager lors des Jeux Olympiques de Sidney en 2000.

Évaluation des échanges gazeux sur cyclo-ergomètre

Figure 1. Évaluation des échanges gazeux sur cyclo-ergomètre... (Cliquez sur l'image pour l'agrandir)

Dans le même temps, j’ai passé mon doctorat en physiologie de l’exercice, et j’ai été pendant 4 ans Maître de Conférences à l’Université de Montpellier. Ensuite, j’ai été recruté comme Senior Physiologist à Aspire, Qatar jusqu’en 2008. Après quoi, j’ai intégré l’Institut des Sciences du Sport de l'Université de Lausanne tout d’abord comme Maître d’Enseignement et de Recherche suppléant, et en 2010, comme Professeur d’université.

Mes premiers travaux étaient directement sur l’évaluation des sportifs d’endurance et de plus en plus je m’oriente sur des aspects plus fondamentaux pour essayer d’investiguer un peu mieux les mécanismes, en particulier par rapport à l’hypoxie.

Quelles étaient vos motivations pour vous orienter vers la recherche scientifique dans le domaine du sport ?

G. Millet - J’aurais bientôt 50 ans, et lorsque j’étais plus jeune, j’ai été athlète de haut-niveau. J’ai été Champion de France de triathlon. Après, tout naturellement j’ai fait un D.E.S.S. (i.e., l'ancien équivalent du Master Professionel actuel), un D.E.A. (i.e., l'ancien équivalent du Master Recherche actuel), un doctorat et en 2000, j’ai participé aux J.O. de Sidney en tant qu’entraîneur. Ensuite je me suis plutôt orienté comme consultant et sur un rôle plus strictement scientifique en fonction des positions que j’ai pues avoir.

Conférence à l'École Polytechnique Fédérale de Lausanne

Figure 2. Conférence à l'École Polytechnique Fédérale de Lausanne.

Pouvez-vous nous présenter l'Institut des Sciences du Sport de l'Université de Lausanne ?

G. Millet - L’institut des Sciences du Sport de Lausanne est en pleine croissance. Nous avons 3 laboratoires qui vont nous être livrés pendant l’été : dont une chambre hypoxique. Nous avons la convergence entre l’institut actuel de Genève et notre institut. Il y aura un regroupement sur Lausanne. Tout ceci s’inscrit dans une volonté au niveau de la confédération mais aussi au niveau de la ville, de promouvoir tout un développement des sciences du sport et des industries adjacentes et innovantes. Car c’est un marché qui est potentiellement extrêmement porteur.

Lausanne est capitale olympique avec le C.I.O. mais aussi 28 institutions internationales et jusqu’à maintenant, paradoxalement, l’institut de Lausanne était de taille extrêmement modeste. En nombre de chercheurs en sciences de la vie, nous sommes actuellement 3... Nous allons essayer maintenant de mettre tout cela en adéquation et de s’appuyer sur les forces académiques qui sont l’École Polytechnique Fédérale de Lausanne et le Centre Hospitalier Universitaire Vaudois, avec un niveau de recherche de très haut-niveau.

Quel est votre domaine de recherche actuel ?

G. Millet - Pour l’essentiel, c’est l’entraînement hypoxique. Nous nous intéressons à l’effet de l’exercice très intense dans le but d’améliorer la répétition de sprints. Ce sont des travaux qui sont en cours de publication. Le but global est d’essayer de tester les méthodes à destination des sports collectifs. Et puis nous travaillons sur une autre thématique qui est d’essayer de mieux comprendre si oui ou non, il y a de réelles différences en termes de dépenses physiologiques entre altitude simulée (lorsqu’on en est en chambre) et en altitude réelle. Et de ce point de vue là, être basés en Suisse, nous permet d’avoir plus facilement ce type d’investigation.

Biopsie musculaire

Figure 4. Biopsie musculaire... (Cliquez sur l'image pour l'agrandir)

Travaux de recherche sur la capacité de répétition de sprint en hypoxie

Figure 3. Travaux de recherche sur la capacité de répétition... (Cliquez sur l'image pour l'agrandir)

Au-delà de cela, j’ai tout un tas de travaux qui sont sur la prévention des blessures puisque j’encadre deux physiologistes doctorants qui sont sur ces thématiques. Enfin, j’ai une troisième thématique qui est l’optimisation de l’évaluation. Nous avons publié un certain nombre de tests en squash, en tennis, et actuellement, nous travaillons sur le hockey. Ce sont des évaluations, pour l’essentiel, de la puissance aérobie. Le but est de rendre les tests plus spécifiques et d’optimiser les méthodes d’entraînements. Je m’intéresse de ce point de vue beaucoup à la cinétique de VO2. C'est-à-dire essayer d’utiliser la cinétique de VO2 pour essayer d’individualiser et de mieux prescrire l’entraînement intermittent.

Nous nous intéressons aussi à la variabilité cardiaque. Pour cela, je suis en relation avec Laurent Schmidt qui est le physiologiste du ski nordique et qui a monitoré la variabilité cardiaque depuis 10 ans dans les disciplines de ski dont il s’occupe. Nous travaillons sur le monitoring de la fatigue, nous essayons d’aller au-delà de ce qui existe, c'est-à-dire finalement de détecter des niveaux de surentraînement et d’essayer d’arriver à les différencier. C’est assez complexe mais très intéressant.

Nous essayons d’avoir un rythme de publications assez conséquent, car cela nous est demandé par le système helvétique qui assez proche du système anglo-saxon.

Évaluation de la cinétique de VO2 chez le nageur

Figure 5. Évaluation de la cinétique de VO2 chez le nageur... (Cliquez sur l'image pour l'agrandir)

Qu'est-ce qui vous passionne dans votre métier ? Et qu'appréciez-vous le moins ?

G. Millet - Ce qui me passionne, beaucoup de choses ! J’adore encadrer des étudiants et initier des travaux. En Suisse, nous avons une charge d’enseignement qui est moindre qu’en France, donc ça aussi c’est intéressant. Maintenant je n’enseigne quasiment plus qu’au niveau du Master et de l’école doctorale, donc nous avons mis sur pied de nouveaux cours qui sont en prises directes avec mes préoccupations : activité physique en milieu extrême, pratique innovante en entraînement. On fait cours sur la variabilité cardiaque, la cinétique de VO2, etc.

Ce qui me plait le moins, ce sont tous les aspects administratifs…

Quels sont vos conseils pour les étudiants qui souhaiteraient s'orienter vers le doctorat et la recherche universitaire ?

G. Millet - Partir très vite à l’étranger ! Faire au moins une partie de son Master dans un pays anglo-saxon, parce que c’est là qu’on peut pratiquer une langue qui est essentielle quand on veut publier. De plus, il est possible d’établir un réseau qui va permettre ensuite de travailler l’employabilité. Elle reste possible en France, mais c’est beaucoup plus vrai dans les pays anglo-saxons. Et puis cela permet de voyager, de s’ouvrir, de ne pas s’enfermer dans son laboratoire sur sa thématique car cela peut être une impasse.

Quelle est votre conception de la relation entre recherche universitaire et sport de haut-niveau ?

G. Millet - J’ai un background de 10 ou 15 ans dans le sport de haut-niveau et maintenant depuis 12 ans dans le milieu strictement académique. Je pense qu’il est important de se poser la question du devenir de nos travaux scientifiques. C'est-à-dire que c’est intéressant aussi de pouvoir se dire que nos travaux permettent de mettre sur pied des méthodes plus efficaces. Je ne dis pas que cela doit être systématiquement le cas car sur une thématique donnée, on doit avoir différents niveaux d’analyses. Et comme personne ne sait tout faire, nous devons nécessairement collaborer avec des gens qui sont pointus chacun dans leur domaine. Je ne suis pas spécialiste en biologie moléculaire mais néanmoins je collabore avec des gens très forts sur cela ce qui nous permet de mettre en avant certains mécanismes.

Je suis un physiologiste au départ avec un aspect de mes interrogations qui vient et qui retourne vers le terrain. Néanmoins je conçois de plus en plus qu’il faille aller sur des méthodes plus sophistiquées parce que sinon on reste simplement au niveau descriptif et pour vraiment comprendre pourquoi une méthode ou une prescription donnée d’exercices fonctionne, il faut aussi essayer d’investiguer les mécanismes.

Merci Professeur Millet d’avoir accepté de répondre à nos questions !

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Professeur Grégoire Millet
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Bâtiment Vidy
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