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Mathias Ricard, Préparateur Physique

par Sci-Sport.com | 24 Septembre 2013

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Bonjour Mathias, merci d'avoir accepté de répondre à nos questions. Peux-tu te présenter ?

M. Ricard - Je m’appelle Mathias Ricard, j’ai 33 ans, je suis préparateur physique depuis maintenant 6 ans et professeur de judo, depuis 13 ans. J’ai démarré mes activités professionnelles comme professeur de judo, ce que je suis toujours dans deux clubs de la région parisienne. Et en suivant les filières des diplômes du monde du judo (B.E. 1er degré et 2ème degré), je me suis dirigé petit à petit vers la préparation physique puisque j’ai eu comme formateur Frederic Roualen et il m’a transmis cette passion. J’ai tout de suite accroché, et avec Fred, et avec ce que pouvait être la préparation physique. Cela m’intéressait de maîtriser au maximum cet outil afin de répondre au mieux aux attentes des athlètes dont je pouvais avoir la charge.

Je me suis donc spécialisé, puisqu’au départ j’étais parti sur une voie généraliste de professeur de judo en club, j’avais même passé le B.E. E.S.A.P.T., qui est maintenant devenu le B.P. J.E.P.S. A.P.T., pour avoir une vue multidisciplinaire de la pédagogie. Ensuite, je suis parti sur une voie beaucoup plus axée sur les diplômes de préparation physique. Et j’ai passé deux diplômes : le premier passé auprès de la société PerfinSport qui est basée à Lievin, et il y a deux ans, j’ai passé le Diplôme Universitaire d’Évaluation et de Préparation Physique à l’université de Poitiers, sous la direction de Laurent Bosquet.

En tant que professeur de judo, j’entraîne dans le club du Stade Multisports de Montrouge et au Stade de Vanves. Cela occupe les deux tiers de mon emploi du temps, vu que le statut d'auto-entrepreneur est un statut particulièrement variable, je conserve l'ensemble de mes activités de professeur de judo. Je suis donc le soir ou le week-end, en priorité, professeur de judo.

Au niveau de la préparation physique, j’ai commencé mes activités en tant que préparateur dans une structure qui fonctionnait en symbiose qui était Sucy Judo et Olympique Judo Nice avec tous les athlètes niçois qui constituaient le groupe élite et qui étaient domiciliés sur Paris. Cette structure s’est dissous, mais je travaille toujours avec l’entité Sucy-en-Brie Judo depuis 6 ans. Je travaille également avec le club féminin du Red Star Club Champigny et depuis un an maintenant avec le groupe garçon élite du club de judo de Saint-Geneviève-des-Bois.

Tu encadres également des athlètes de niveau international ?

M. Ricard - Oui. Au niveau de la préparation physique, il faut savoir que les athlètes sont licenciés dans des clubs, mais ils peuvent faire partie de l’équipe de France, par exemple. Et il y a l’entité club où il y a des athlètes que je peux être amené à suivre toute l’année. C’est le cas des 3 garçons qui ont participés aux championnats du monde de Rio 2013 : David Larose, Ludovic Gobert et Jean-Sebastien Bonvoisin. David et Ludovic étaient alignés en individuel et Jean-Sebastien en équipe. Et eux, ce sont les athlètes que je prépare à l’année. J’ai deux créneaux avec eux par semaine dans leur club où j’interviens sur toute leur préparation physique. J’ai carte blanche par le club pour m’occuper d’eux.

Pour une fille du Red Star Club Champigny qui est présente sur place, Emilie Andeol dans la catégorie des +78kg, c’est une athlète que je peux avoir sur certaines périodes de stage ou de mise à disposition de l’INSEP, car elle fait partie de l’équipe de France. Elle est donc suivie par Frédéric Roualen, et comme la communication est facile entre nous, cela permet de nous coordonner parfaitement lorsque je dois m’occuper de ses athlètes.

Equipe de SGS Judo, vice champion de France 2013

Figure 1. Equipe de SGS Judo... (Cliquez sur l'image pour l'agrandir)

Quel a été ton parcours universitaire ?

M. Ricard - Après le bac, je me suis directement engagé sur la voie des brevets d’état. Je n’ai pas souhaité suivre la filière universitaire parce que je suis rentré en STAPS, le sport m’intéressait et je savais que c’était dans ce domaine que je voulais travailler, mais c’était une période où le STAPS était très à la mode et où l’écrémage de la première année était très fort. Je me suis rendu compte que ce ne serait pas forcément ce qui me conviendrait le mieux. Je me suis donc engagé dans la voie des diplômes fédéraux, et les diplômes d’état. J’ai passé mon BE Judo en 2003 au CFA Omnisports Ile-de-France, ce qui m’a permis d’avoir un contrat en apprentissage, de me former et de donner des cours, et donc d’obtenir petit à petit de l’autonomie. C’est un vrai diplôme de terrain avec des formateurs que l’on retrouve dans l’équipe de France. L’année suivante, je suis resté au CFA Omnisports et j’ai passé le BEESAPT, car cela m’intéressait de m’ouvrir à d’autres disciplines et de voir quelles étaient les pédagogies qu’on pouvait utiliser dans d’autres disciplines car dans le judo on est très axé sur une pédagogie du modèle. Le professeur démontre le mouvement et les élèves reproduisent ce mouvement. Cela m’intéressait de voir ce qui se faisait ailleurs, comme la pédagogie de la découverte ou de l’essai-erreur.

J’ai ensuite beaucoup travaillé dans le judo. Je suis d’ailleurs toujours dans les clubs où j’ai démarré. Et je m’y investis de plus en plus. Aujourd’hui, je suis directeur technique dans l’un des deux clubs où j’enseigne.

Quand j’ai rencontré Fred Roualen pour le BE 2ème degré, on a longuement discuté et je voulais lui demander quelles pouvaient être les filières à suivre pour être préparateur physique. Cela m’intéressait dans le judo au départ et après je souhaitais éventuellement m’ouvrir à d’autres disciplines. Et c’est Fred qui m’a dirigé sur la voie des D.U. car je travaillais déjà et je n’avais pas forcément le temps nécessaire à consacrer à la filière universitaire classique. C’est là que j’ai passé le premier diplôme de préparation physique auprès de PerfInSport qui était dirigée par Alexandre Marles et Mathieu Defontaine. L’année suivante, j’ai enchainé sur un diplôme sur l’analyse vidéo car je souhaitais avoir des connaissances sur cet outil, que ce soit en tant qu’entraîneur judo ou préparateur physique. Et enfin, j’ai poursuivi avec le D.U. de l’université de Poitiers, dirigé par Laurent Bosquet. Et là je suis toujours dans une voie de formation et je cherche quels diplômes pourraient m’apporter d’autres choses et conforter mes connaissances et ma vision de la préparation physique.

L’an dernier, je me suis engagé dans une certification qui s’est mise en place à l’INSEP sous la responsabilité de Laurent Schmidt et qui a pour thème l’individualisation de l’entraînement par l’analyse de la variabilité cardiaque. C’est un outil que j’ai besoin de maîtriser et qui demande beaucoup de pratique.

Ce qui m’intéresse c’est d’apporter le maximum de professionnalisme et de suivi aux athlètes dont j’ai la charge.

Quelles étaient tes motivations pour t'orienter vers la préparation physique ?

M. Ricard - Cela doit venir d’un trait de caractère. Je suis assez cartésien et rigoureux. Cela a toujours été comme cela dans le judo et ça l’est toujours dans ma profession. J’essaie d’avoir le maximum d’outils pour mesurer, quantifier et évaluer. Et naturellement, quand j’ai côtoyé Fred Roualen sur la préparation du B.E. 2ème degré, j’ai vu que c’était exactement la même démarche. Et cela me plaisait d’avoir cette approche systémique de la performance. Et la performance, quelle que soit la discipline, c’est la technique, le physique, le mental, l’environnement, etc. Et j’aimais l’idée d’essayer de maîtriser le maximum de paramètres de la performance.

Je pense que ce qui m’a permis aussi de développer cette voie là, de m’engager et d’en faire encore aujourd’hui, c’est certainement les rencontres humaines. Quand on est jeune apprenti et qu’on rencontre quelqu’un d’aussi passionné que Fred Roualen, qui arrive à nous transmettre cette passion. Cela donne envie de s’engager aussi. Il est certain que si j’avais rencontré quelqu’un de plus distant ou qui n’avait pas envie de partager son savoir, je ne serais peut-être pas rentré dans cette discipline. Encore aujourd’hui, je continue à échanger régulièrement avec Fred, c’est très enrichissant.

Enfin, j’étais fan de judo depuis toujours, j’en fais depuis que j’ai 8 ans. Le fait d’avoir la possibilité de côtoyer des champions m’a permis de comprendre ce monde du haut-niveau, de comprendre tout l’engagement qu’ils mettaient dans leur carrière. Cela me plaisait de faire partie de ces équipes que les athlètes ont autour d’eux pour performer.

Avec quelle(s) discipline(s) sportive(s) travailles-tu en ce moment ? A quel niveau ?

M. Ricard - Je travaille exclusivement avec des judokas. Je travaille en autonomie complète avec 3 structures judo élite dont j’ai parlées ci-dessus, et qui sont de grands clubs. Le club féminin de Champigny a gagné la coupe d’Europe des clubs et les Championnats de France Division I par équipe. C’est l’un des meilleurs clubs français. Et l’équipe masculine de S.G.S. a terminé vice-Championne de France Division I par équipe et 3ème de la Coupe d’Europe des Clubs. Avec Levallois Sporting Club Judo, ces 4 dernières années, ce sont les deux plus grands clubs français puisqu’ils se retrouvent en final des Championnats de France, avec des athlètes individuels, 3 garçons qualifiés pour les championnats du monde dont je m’occupe. C’est une belle fierté pour le club et pour moi. Et je suis vraiment ravi car ils ont obtenu des résultats qu’ils n’avaient pas encore connu dans leur carrière avec une 1ère médaille européenne (bronze) pour David Larose et Jean-Sebastien Bonvoisin en Championnat d’Europ individuel, une 1ère médaille pour David Larose dans le Master (championnat qui regroupe les 16 meilleurs mondiaux par catégorie) où il a été classé 3ème. Et David Larose s’est classé numéro 1 mondial à la Ranking List pendant quelques semaines. Et puis voir Ludovic Gobert obtenir sa première sélection mondiale à 28 ans, c’est quelque chose qui fait très plaisir pour tout le club.

Et pour le club de Sucy, il se maintient en 1ère division depuis plusieurs années. On a obtenu des médailles individuelles en Championnat de France pour 3 de nos athlètes. On commence à avoir quelques belles sélections internationales. C’est un club en pleine progression. Souhaitons que cela continue ainsi.

Enfin, j’ai la chance d’observer et d’intervenir de temps en temps sur le pôle France féminin de squash de Créteil où Fred Roualen intervient. Je viens parfois assister à des séances que Fred dirige et parfois je viens diriger des séances moi-même avec l’œil expert de Philippe Signoret qui est l’entraîneur national des filles. Cela me permet d’avoir une ouverture sur une autre discipline.

Avec le recul de ta pratique et les formations que tu as suivies et que tu suis, comment abordes-tu la préparation physique par rapport à tes débuts ?

M. Ricard - En fait, je me rends compte de l’effet boule de neige que peut avoir la préparation physique. Les premières années, j’ai suivi Fred Roualen dans son travail, j’ai beaucoup observé, beaucoup questionné. Mais j’ai réellement commencé à comprendre pourquoi les choses s’agençaient de telle manière avec le temps et le recul.

Chaque année, j’essaie d’avoir de plus en plus d’informations, de connaissances, de matériels ou d’échanges avec d’autres collègues qui me permettent d’évoluer dans mes convictions, de remettre en cause certaines choses et de me conforter dans certaines idées aussi et de proposer toujours un socle de plus en plus professionnel aux athlètes dont j’ai la charge. Chaque année, je profite des congés pour aller chercher des informations, lire, regarder les publications sur Pubmed, etc. Cet été, par exemple, j’ai lu le livre de Pascal Prevost et Didier Reiss, "La bible de la préparation physique". J’ai également lu le livre d’Emmanuel Legeard sur le développement de la force. Ce sont des choses qui vont me donner certaines idées et qui vont m’aider dans mon travail quotidien. Et j’essaie d’aller voir des collègues pour échanger au maximum car je pense que c’est ce qui fait le plus progresser.

Equipe féminine de Champigny sur le podium en tant que Championnes de France par équipes 2013

Figure 2. Equipe féminine de Champigny sur le podium... (Cliquez sur l'image pour l'agrandir)

Parmi l’éventail très fourni d’outils et de méthodes, qu’utilises-tu préférentiellement avec tes athlètes ?

M. Ricard - Tout part d’une analyse de la tâche, il faut le faire même pour une discipline que l’on pense très bien connaître. Je l’ai faite pour le judo. J’ai d’ailleurs assisté à des colloques où des gens intervenaient sur ce point. J’ai vraiment essayé de connaitre les déterminants de la performance physique en judo. Et on va mettre en place une batterie de tests à plusieurs moments de l’année pour déterminer les points forts et les points faibles pour comparer un état de forme d’un athlète à deux moments de l’année et pour quantifier la charge d’entraînement. Par exemple, les stages de reprise vont démarrer, des tests vont avoir lieu et cela va me permettre de quantifier les charges de travail pour les séances à venir.

Dans le judo, on a quelques tests qu’on utilise souvent. Le judo est un sport où la Puissance Maximale Aérobie (PMA) et la capacité lactique sont importantes. Le test Luc Léger navette est très utilisé pour la PMA car il est très pratique. Nous le faisons en intérieur et cela nous permet de faire courir les athlètes pieds nus sur le tapis. Cela nous permet également d’avoir un indice de fatigue des membres inférieurs car les demi-tours tous les 20 mètres, et le fait de relancer l’inertie du corps nous permettent d’avoir une idée de l’endurance des membres inférieurs des athlètes. A partir de cela, on aura des données pour calculer des navettes à faire, de les intégrer dans des circuits, etc.

Pour évaluer la capacité lactique, on a plusieurs possibilités comme le test navette australien ou un Wingate adapté au rameur. Pour ma part, j’utilise assez régulièrement, car il est relativement court et précis, le test du 50s/50s que j’ai pu voir en action lors du D.U. de Poitiers, qui est un test maximal sur piste à la base. Je l’ai adapté sur rameur. Cela consiste à parcourir la plus grande distance sur rameur en 50s, prendre 3 minutes de récupération et faire un deuxième bloc de 50s. Le premier bloc nous donne des indices de puissance lactique et le second bloc des indices de capacité lactique. Il est relativement court, facile à mettre en place et reproductible. Cela me permet également de quantifier des temps sur des distances variées sur rameur.

Pour l’évaluation des qualités musculaires des athlètes, j’utilise depuis un an environ le TendoSport, qui est vraiment un outil fantastique pour moi car on a un feedback en temps réel. Cela nous permet de travailler avec la vitesse et non avec la charge uniquement. Ainsi, on peut travailler avec des notions de puissance et d’explosivité quels que soient les mouvements réalisés. Je ne suis pas obligé de passer par des mouvements d’haltérophilie où l’apprentissage est assez long. A partir de cette année, je vais utiliser un dynamomètre de main pour évaluer la force de poigne et la tester tout au long de l’année.

Pour finir sur cela, si je peux résumer le petit matériel que j’utilise car il me semble parfaitement adapté à la pratique du Judo et aux besoins d’un judoka, pour le haut du corps, ce serait les cordes ondulatoires et pour le bas du corps, les échelles de rythme. Pour moi, ce sont les deux outils essentiels pour un judoka car ils permettent vraiment de travailler la spécificité de ce sport.

Qu’est-ce que tu mets en place au niveau de la prévention et de la récupération de tes athlètes ?

M. Ricard - A titre de prévention, je vais souvent travailler par petits blocs de travail qui vont s’intercaler dans les séances. En judo, ce sont les épaules et les genoux qui sont les plus touchés. Par exemple, lors des séances de musculation, je vais accrocher quelques élastiques, et je demande aux athlètes de faire des séries de rotation interne/externe pour travailler la coiffe des rotateurs. Pour le genou, j’utilise aussi le waff ou le swiss-ball. Le fait de travailler très souvent pieds nus sur le tapis dans des circuits intégrés nous permet d’avoir un travail de pieds, de chevilles et de travailler la qualité des appuis et de faire de la prévention. Et bien sûr, il faut s’accorder avec le staff médical.

Pour la récupération, quand les athlètes ont des structures comme l’INSEP à disposition, on utilise beaucoup la cryothérapie corps entier notamment. Mais quand ce n’est pas le cas, et que je ne peux pas avoir accès à de tels outils, j’ai une préférence pour les chaussettes et/ou manchons de compression. C’est simple à mettre en place, et j’essaie de sensibiliser au maximum mes athlètes, même si les clubs ne peuvent pas toujours acheter ce matériel. Enfin, j’utilise également le VeinoPlus pour la stimulation du retour veineux.

Qu'est-ce qui te passionne dans ton métier ? Et qu'apprécies-tu le moins ?

M. Ricard - Ce qui me passionne le plus, même si je suis jeune préparateur et que je suis loin d’être blasé du système, c’est d’instaurer une relation de confiance entre les athlètes, le staff et moi et bien leur faire comprendre que ce sont eux qui sont au centre du projet et que le but est de les faire performer. Ce qui m’intéresse le plus c’est de trouver les moyens, les démarches qui vont faire évoluer les athlètes. J’ai eu la chance d’avoir des athlètes déjà confirmés et de réussir à les amener à des podiums qu’ils n’avaient jamais atteints avant. J’ai eu la chance d’avoir de jeunes athlètes et d’essayer de les amener au plus haut niveau le plus rapidement possible. J’ai eu des athlètes en fin de carrière et dont l’objectif était de durer le plus longtemps possible. J’aime adapter les solutions aux différents profils de sportif avec lesquels je travaille.

Ce qui me plait c’est également les relations que je peux avoir avec les autres préparateurs physiques. Au début j’avais peur de rentrer dans un milieu fermé, je me disais que chaque préparateur devait sûrement garder ses recettes secrètes. Mais non, en fait, il y a beaucoup d’échanges, et c’est très enrichissant.

Je n’ai pas encore de bémol à mettre dans mon métier pour le moment. J’ai toujours considéré que j’étais assez chanceux. J’ai eu la chance de rentrer dans une structure avec Fred au départ, j’ai eu la chance que mon travail soit remarqué, et que Fred me recommande au Red Star Club. Et petit à petit, les choses se sont faites ainsi. J’essaie d’être le plus appliqué possible dans mon travail. Je n’ai pas encore connu de périodes de galères. Par contre, le fait de se constituer son propre matériel a un coût assez élevé. Je réinvestis environ 10% de mes revenus dans du matériel afin d’essayer de ne pas tomber dans une certaine routine.

Vidéo 1. Résumé en vidéo des Championnats de France 2013 par équipes Division I avec Sucy Judo.

Quels sont tes conseils pour les étudiants qui souhaiteraient s'orienter vers la préparation physique ?

M. Ricard - L’idéal est de trouver un interlocuteur pour observer des séances afin de se rendre compte de la réalité du métier. C’est là où on peut se rendre compte des avantages et des inconvénients de ce métier. Ensuite, je pense qu’il est important de trouver un parcours de formation qui soit adapté. Il faut trouver le sien. La bonne démarche reste de sans cesse aller chercher des informations. Et de ne pas penser que les connaissances sont acquises. Il faut toujours essayer d’avoir ce recul nécessaire et un regard critique. Il faut avoir une bonne capacité d’adaptation, car si on s’enferme, au final on basera tout son travail sur des certitudes qui pourront peut-être devenir obsolètes. Il faut évoluer et savoir bien chercher.

Quelle est ta conception de la relation entre recherche scientifique et le sport performance / de haut-niveau ?

M. Ricard - Je pense que ce sont deux mondes qui sont relativement éloignés et qu’il serait bon de rapprocher. L’idée est de se servir de ce que la science a de bon et de le retranscrire sur le terrain. Il ne faut pas se cloisonner. Je considère que je fais parti des préparateurs physiques de terrain mais si j’ai l’occasion d’échanger avec des personnes qui sont dans la recherche scientifique, dans les laboratoires, cela m’intéressera beaucoup. Car je pense qu’ils ont des choses à nous apporter, ensuite il faut que nous puissions les appliquer sur le terrain. Cette relation entre ces deux mondes sera très bénéfique pour la performance. Plus il y aura d’échanges et de communication et mieux ce sera pour les athlètes.

Merci Mathias d’avoir accepté de répondre à nos questions !

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